Un profil perdu

Ecrivain, Françoise Sagan est née en 1934 et morte en 2004. Entre ces années, il y a des romans magnifiques et une femme qui parle aussi bien de l’amour qu’Edith Piaf. C’est « bonjour tristesse », en 1954, qui lancera la carrière de l’auteure.

J’ai commencé ma découverte de Françoise Sagan par la lecture du roman un miroir égaré, paru en 1999. Je me souviens avoir commencé l’histoire ravie. Peuplée de bonnes intuitions. Ce livre allait me plaire. C’est de Françoise Sagan, je pensais donc aux belles formules, aux beaux aphorismes et aux perceptions des choses qu’elle dépeint si bien. Les premières pages m’ont ennuyée. J’imagine alors que le milieu sera surprenant et la fin renversante. Rien, je n’y comprends rien. C’est pire que du Marc Levy. Sybil est trompée par François. François est perdu mais aime toujours Sybil. Oui et après ? Je ferme ce livre déçue comme jamais. Il faut absolument que j’en lise un nouveau pour passer le mauvais goût et ça tombe bien car deux autres romans du « petit monstre » trônent dans ma bibliothèque.

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Je poursuis alors avec un profil perdu, paru en 1974. Je comprends pourquoi tout ce succès ! J’ai probablement dût commencer par un roman en période creuse ou je n’ai peut-être pas cernée tout de suite le style « Sagan ». Toujours est-il, je suis emportée dans ma lecture, impossible de m’arrêter. Là il se passe des choses et les formules sont plus épaisses. Le protagoniste s’interroge, nous interroge et rencontre d’autres personnages tout aussi curieux. C’est l’histoire d’une femme, Josée. Cette dernière se sépare doucement d’un mari violent et fait la rencontre de Julius A.Cram, un homme riche et puissant. Ce financier va la prendre sous son aile et lui offrir tout ce dont une femme déboussolée et jusqu’alors entretenue a besoin : une dignité. Elle trouve un logement, un travail et des amis. Mais tout cela est orchestré d’une main de maître par cet homme qui paie les factures et trouve un emploi à Josée. Je découvre rapidement qu’elle quitte une vie de femme sous l’emprise d’un homme pour s’asservir à un autre. L’indépendance à un prix qu’elle ne semble pas prête à assumer. Bonjour tristesse. L’amour et ses compromissions. Je quitte Un miroir égaré ou Sybil subit les tromperies de François sans rien dire à Un profil perdu ou Josée ne conçoit pas la vie sans être sous la coupe d’un homme. J’assiste ici à des amours contrariés.

A la fin d’Un profil perdu, je suis émue par Julius A.Cram. J’ai été stupéfaite toute la durée du roman par sa dévotion envers Josée. Son amour incommensurable. Je crois même que c’est cela, aimer quelqu’un. Accepter que l’autre fasse ses expériences tout en continuant de l’aider. C’est beau mais c’est fou. Il croit en cet amour à un tel point qu’à la fin du roman je commence à trouver ce financier déséquilibré. La raison failli souvent lorsque l’on s’éprend de quelqu’un. Julias A.Cram réalisera que cet amour est impossible suite à une annonce que lui fera Josée. Ce n’est pas lorsqu’elle lui avoue sa grossesse, comme je le crois. Non, c’est lorsque cette dernière lui annonce son mariage avec Louis, le père de son enfant. Cette confidence l’achève. J’ai pu sentir le grand désespoir de cet homme. Il a formulé d’une manière qui m’a touchée son amour: « depuis que je vous connais, je ne me sens plus seul. J’ai toujours été quelqu’un de très seul, par ma faute, sans doute. Je ne sais pas parler aux gens, je leur fait peur ou je leur déplais. Depuis que je vous connais, je ne m’ennuie plus. »  C’est principalement cela l’amour : ne plus se sentir seul. Roland Barthes l’a également justifié par la position d’attente que nous procure cette sensation. Julius A.Cram a effectivement attendu que Josée l’aime et en homme éduqué il a tout fait pour lui plaire. La vie est parfois mal faite car elle n’aimera pas le riche parisien, mais un vétérinaire qui n’aspire qu’à la campagne.

Au-delà de l’histoire, plus complexe que les tromperies d’Un miroir égaré, ce roman nous plonge dans nos propres dépendances et nos propres contradictions. Il nous interroge sur les principes que nous sommes prêts à braver pour poursuivre une histoire d’amour qui peut s’avérer être délicate et infructueuse. Nous connaissons les adages qui nous rappellent à quel point nos émois peuvent nous faire perdre la tête. En bon lecteur, on juge la situation de Sybil comme celle de Josée. Mais en tant que personne, qui sommes-nous ? Jusqu’à quel point sommes-nous disposés à nous soumettre dans l’attente d’une affection particulière de l’être qui nous attire ? Parce que l’on peut tous vaciller, ce roman nous rappelle l’importance de l’indépendance, qu’elle soit financière ou spirituelle. Je suis sortie de cette histoire oppressée, mais reconnaissante envers moi-même de ma propre liberté. Si je mets ces deux lectures en parallèle, c’est pour prouver qu’en amour il y a l’inutile, le temps gâché, et il y a l’essentiel, le temps décuplé.

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Reda Kateb, la force tranquille

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Arrêtez-moi là, film du réalisateur Gilles Bannier, est sorti dans les salles le 6 janvier 2016. Le scénario est celui d’une histoire vraie. Celle d’un homme aux prises d’un système judiciaire dans son plus sombre apparat.

Samson Cazalet est un homme discret et indépendant. Dans son taxi, accompagné de son chat Gershwin, il effectue de nombreuses courses, dont celle d’une femme, interprétée par Léa Drucker, se rendant à grasse. Une disparition inquiétante, des circonstances maladroites et un mauvais avocat commis d’office feront de ce chauffeur niçois le coupable idéal de l’enlèvement d’une fillette. Le rapport à l’autre est très présent dans ce film où la force tranquille de l’acteur Reda Kateb nous plonge dans une ambiance oppressante et captivante. L’impassibilité du personnage, au timbre grave et posé, donne à ce film une longueur agréable et une intensité particulière.

Seul contre tous
Les films mettant en lumière un individu éprouvé par une erreur judiciaire, il y en a plein. En ce sens, rien d’original ici. Si l’acteur ayant joué dans « Loin des hommes » en 2014 n’interprétait pas ce rôle, il n’y aurait probablement rien à en dire. Mais voilà, ses petits yeux vissés dans un visage dure nous oblige à chercher ce qu’il s’y passe et cela change tout. Reda nous impose l’attention. Son personnage ne va pas crier, ne va rien casser, ne va pas mettre un juriste minable à terre. Non, alors que nous voudrions hurler à sa place et nous insurger, il va intérioriser un espoir et nous transmettre une haine féroce, mais un calme constant envers une justice à mettre entre guillemet. Reda Kateb, à l’image d’un Mathieu Amalric, fait partie de ces acteurs qui prennent toute la place et en impose.

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Béliers, le film vrai.

Béliers est un drame islandais sorti sur les écrans en 2015 et réalisé par Grímur Hákonarson. Le film présenté à « Un certain regard » lors du festival de Cannes rencontre de bonnes critiques.

 

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Je suis allée voir le film Béliers tout à fait par hasard. Ma sœur avait des places de cinéma gratuites et le terme de cette offre arrivait à sa fin. Je n’avais pas le choix, ce dimanche soir serait ciné ou ne serait pas. Elle me dit alors qu’un film tourné en Islande la tente. Je dis « Béliers? », elle me répond « oui ». Chose extrêmement rare, je suis allée voir le film sans regarder la bande annonce. J’avais juste entendu dire qu’il s’agissait d’un film où deux frères ne s’entendent pas.

Happée
Dès le début du film j’ai été prise par l’histoire, que je sentais lente, que je sentais forte. Le fait de ne pas avoir vu d’images avant ce film faisait que je découvrais chaque couleur, chaque plan, chaque personnage. Je n’attendais pas une scène, je n’en anticipais pas une autre. J’étais dans la découverte. Il y avait la nature, il y avait des animaux, il y avait des personnes âgées. Tout ce que j’aime. J’ai été amusée que le réalisateur témoigne, lors d’une interview, préférer les « vieux » aux jeunes. Je suis un peu comme cela également. Il y a chez les personnes d’un certain âge une douceur, un apaisement et une prise de distance sur le monde. J’ai donc été emportée et très vite éprise du scénario.

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Bouleversée
Je ne suis pas férue des critiques et de leurs adjectifs qualificatifs. J’ai toujours trouvé cela trop simpliste. Seul les rédacteurs de ces mots peuvent bien savoir ce qu’il se cache derrière eux. Je pense qu’une belle réalisation mérite au moins une phrase. Et bien grande première : je n’arrive pas à en dire autre chose qu’un seul mot. Bouleversant. Bien sûr, je peux vous exprimer mes sentiments. Je senti la tristesse de ces hommes, j’ai senti leur perte de repères, j’ai senti leur désespoir. Leur solitude, aussi. La fin est magnifique, si parlante. Le message est si fort et l’image est si belle. La jeune femme que je suis, peu enclin à verser des larmes au cinéma, s’est surprise à pleurer. A vraiment pleurer.

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Je ne vous raconterai pas l’histoire
Or de question de dévoiler l’histoire, à vous de le voir, car il faut découvrir ce chef d’oeuvre ! C’est un grand film avec un réalisateur prometteur. Grímur Hákonarson s’est inspiré de sa jeunesse et de son travail au sein de fermes. Comme quoi, rien de tel que le terrain pour vraiment être efficace. Les deux acteurs principaux joués par Sigurður Sigurjónsson et Theódór Júlíusson sont grandioses.

Si vous voulez voir du beau, du vrai, allez-y.

Interview du réalisateur Grímur Hákonarson

Les critiques

Le blog du cinéma
Télérama
à voir lire
> La belle critique d’Anne-Sophie DELAHAIS

 

 

Crédits images dans l’ordre
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Le Petit Prince

Le Petit Prince, film d’animation adapté du célèbre livre de l’écrivain Antoine de Saint-Exupery, est dans les salles depuis le 29 juillet 2015. Le réalisateur Mark Osborne nous offre un décor lumineux et contrasté.

Dimanche 3 janvier 2016. J’ai une envie de film sur grand écran. Ce qu’il y a de pratique à vivre en face d’une salle de cinéma qui propose 4 films, c’est que le choix est vite fait. Je regarde les bandes annonces accompagnée d’un temps plombant qui m’invite à la chaleur ! Je me décide donc à aller voir « Le Petit Prince ».

Relation mère et fille
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Le début du film est consacré au rapport qu’entretiennent une mère et sa fille. La maman, souhaitant que son enfant intègre une prestigieuse école, fait travailler dur l’enfant au bandeau blanc. La discipline est stricte et ne laisse pas de place à l’improvisation. Ce qui coûtera à la fillette l’échec du premier passage d’examen. A s’être trop préparée à répondre à une question particulière, cette dernière restera muette face à une nouvelle (que serez-vous lorsque vous serez adulte?). Question pourtant affichée en grand dans un couloir lugubre où chacun attendait son tour.

La maman est bienveillante mais ne s’interroge pas sur les désirs de sa fille, persuadée qu’un prestigieux parcours la rendra heureuse. Elle décide alors de créer un « tableau de vie » où tout est organisé à la minute près. A l’aide d’une baguette, cette mère dicte ce que sa fille doit faire avec cette affirmation « tu deviendras une adulte exceptionnelle » . Qu’est-ce donc ?
Le tableau de vie est très significatif de ce que l’on peut dresser tout autour de nous pour parvenir à ce que nous souhaitons, et pour affirmer nos certitudes. C’est un avis personnel, bien entendu.
Une chose m’a intriguée chez cette femme, coiffée d’un chignon et doublée par la voix de Florence Foresti. Elle est impeccable sur elle et s’exprime très bien. En revanche, une mèche dépasse de sa coiffure parfaite. J’ai alors imaginé que cette mèche signifiait la rébellion d’un corps enfermé dans la rigueur. Une fois de plus, c’est une opinion qui m’est propre, mais ces cheveux ont suscité mon interrogation. Retenons que, contrairement aux autres « grandes personnes » du film, ce personnage est tout de même pétillant.

Un décor et un message
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Le décor est gris et carré. Les hommes et les femmes sont affairés derrière leur ordinateur, sans sourire, sans lumière. Les rues sont parallèles et perpendiculaires. Il n’y a pas de place pour des courbes et de l’aléatoire. Il n’y a pas de verdure, pas de fleurs, pas de couleurs. La chambre de la petite fille est également sans vie. Mark Osborne, le réalisateur, a sans doute souhaité marquer le contraste entre une vie sans fantaisie et une vie laissant de la place à l’incertitude.

En évoquant l’exploration, un voisin bien particulier va semer le trouble dans cet espace. Sa maison m’a fait pensé au film d’animation « La haut », de Pixar. Du désordre, des objets éparpillés, une nature indomptée. Ici, un vieil homme barbu est tout aussi dispersé que les biens de sa propriété. Il est fantasque, vif et curieux. La joie de vivre de Charles Trenet résonne dans son jardin, « boum, le monde entier fait boum. » Il est effectivement improbable qu’il prenne le thé avec des voisins aseptisés. L’esprit grégaire des adultes empêcherait-il ces derniers de passer les portes, alors qu’ils peuvent si facilement passer les frontières ?

Un aviateur et une fillette
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La petite fille reste une petite fille. Poussée par sa curiosité d’enfant, elle va être intriguée par un voisin qui ne ressemble pas aux adultes qu’elle a pour habitude de côtoyer. Alors qu’elle travaille sagement à son bureau, un avion en papier vient se poser sur son plan de travail. Elle le rejettera d’abord, puis s’intéressera à ce message. C’est de ce simple avion en papier que tout va commencer.

Si le cinéma et la littérature permettent d’illustrer nos utopies, ce film le fait tout aussi bien. Nous assistons souvent à des rencontres improbables à travers l’art. Que ce soit une question d’âge, d’origine ou de genre. La complémentarité de deux êtres complètement différents nous surprend toujours. Nous surprend, mais nous ravit également. C’est ce qui va se passer entre ces personnages que tout oppose. Chacun va alors apporter à l’autre ce dont il a besoin. Un peu d’ordre et de sérieux pour l’aviateur. Du lâcher prise et de l’amusement pour la fillette.
A l’image du petit prince et de son renard, la jeune fille va découvrir la joie de se lier à quelqu’un. Une joie certes dangereuse, mais essentielle et affirmée par de beaux aphorismes (dictés par le renard au sein du film) : « Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. » ou encore « Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé. »

Une histoire et deux styles
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En évoquant la complémentarité des êtres, il y a la complémentarité des styles. Les images en stop motion accompagnant les images de synthèses apportent un rythme assez intéressant. On ne décroche pas. Les visages des personnages en infographie 3D sont apaisants et leurs discours me semblent être plus impactants qu’au sein d’une ambiance onirique. Beaucoup de douceur et une certaine lenteur apportent du poids aux propos. Je dis souvent que le voyage n’est pas que le fait de dépasser les barrages physiques, ce passage m’a par exemple particulièrement parlé :

« Le véritable voyage, ce n’est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines, c’est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l’instant baigne tous les contours de la vie intérieure. »

Un autre encore

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »


La possession et le partage
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Autre moment important. Celui de ce personnage, animé en volume, et doublé par Vincent Lindon. Ce dernier possède de nombreuses étoiles que le petit prince et l’aviateur recherchent. Le petit prince ne semble pas comprendre ce désir d’avoir. L’homme, lui, rigole de vive voix lorsqu’il voit le petit être blond étonné. Ce grand baraqué représenterait-il la quête du pouvoir ? Mais si l’aviateur amasse dans sa maison, quelle est la différence entre cet homme d’affaire souhaitant lui aussi amasser toutes les étoiles ? Le partage. L’un montre à l’autre et l’autre souhaite les laisser emprisonnées dans une cloche. Une cloche, comme celle qu’envoie le père de la petite chaque année pour son anniversaire. Un père absent du scénario.
Ce film a soulevé beaucoup de questions. Il y a celle du besoin de posséder, celle de nos relations à l’autre et du danger de s’attacher. L’amitié et les liens que l’on tisse avec le temps. Ce qui est essentiel dans la vie et ce qui l’est moins.

L’essentiel est invisible avec les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur
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Si le phrase « dessine moi un mouton » est très connue, il en est une autre également et c’est celle de cet intertitre. J’ai été bien longue pour exprimer les messages qui me semblent être importants. Il y a des films sans âme et il y a celui-là. Mon dimanche soir a été peuplé de questions. Des questions rhétoriques mais des questions quand même. Alors, pour ne pas perdre son âme d’enfant (message au cœur de ce film d’animation) tentons de nous montrer toujours ouvert aux autres et à leurs différences (classique n’est-ce pas, pourtant essentiel!).

Source des illustrations : http://bit.ly/1kHQEa9

Les petits plus :
La bande annonce
Le site officiel

Les écoliers du Kerala

Lors de mes balades au Kerala, j’ai souvent vu des enfants aux bords des routes, rentrant de l’école. Tous sont apprêtés d’une tenue d’écolier très élégante. J’aime beaucoup les petits rubans des jeunes filles dans leurs cheveux. Ces écoliers ont le sourire et saluent très facilement. Ici, j’ai eu l’envie de visiter une école au sein de Kunnamangalam (ville où je réside). C’est derrière la moto d’un Indien que je suis partie avec mon vieux Canon, sillonner les routes et les petits villages aux alentours. Quand je suis arrivée dans le premier petit établissement au fin fonds de la campagne keralaise, j’ai eu de la chance car c’était l’heure de la pause. J’avais l’impression que ces enfants m’attendaient. Tous sont venus autour de moi, que de rires et d’éclats de voix, avec toujours cette même question: « es-tu marié » ? Je ne peux expliquer pourquoi mon regard se tourne vers les enfants depuis le début de ce voyage. Un enfant est un être universel mais ici c’est différent. Leur regard sur moi n’est pas le même. Au Kerala, j’attise leur curiosité. Ils me regardent, me questionnent, me suivent. J’aime tant leur spontanéité Voici quelques photos de cette visite très apaisante. 


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L’avis d’Elsa

Pourquoi ce titre? Et bien parce-que je viens de lire un article sur le site de Radio Prun’ où une femme retranscrit très bien les émotions éveillées par le film « La vie d’Adèle ».

« Adèle grandit, mûrit, vieillit sous nos yeux ébahis, Adèle s’épanouit, s’émancipe, se construit, survit à une passion, de celles qui vous marquent au fer rouge, de celles qui vous façonnent, qui vous assomment, qui vous bastonnent le cœur et le corps, qui vous laissent sur le bord de la route avec des bleus à l’âme, mais après tout, comme le souligne la bande-dessinée dont est inspiré le film : le bleu est une couleur chaude »

« De la peau de l’autre comme exutoire exalté, comme échappatoire incontrôlée, comme apprentissage intellectuel, aussi »

« Le cinéma réussit à prendre le dessus, arguant insolemment, revendiquant à juste titre que la fiction est ce qu’elle est, indépendante et salvatrice, dominatrice dans sa liberté d’expression, face à l’inconsistance de la polémique des Hommes. »

Cet article est celui de la journaliste Elsa Gambin.

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La vie d’Adèle, film de Abdellatif Kechiche, grand succès en cette fin d’année 2013. J’y suis allée par curiosité et sans enthousiasme particulier. J’ai beaucoup aimé. Les scènes du quotidien, celles des interrogations, de la séduction, du plaisir, de la souffrance. Celles du retour à une vie plus…normale. Ce qui m’a touché est le désarroi amoureux de la jeune femme. Poitrine serrée, mal être qui vous prend dans tout le corps, oppression et impression que tout est à reconstruire. C’est aussi la liberté, les premiers essais, les premiers échecs. Les désirs maladroits et incontrôlables. Cette histoire ne parle pas seulement de l’ homosexualité, mais de toutes les formes d’ amour. Le réalisateur nous montre à quel point nous pouvons nous sentir rien lorsque la personne aimée nous renvoie du désamour et de l’indifférence. Outre cette relation entre les deux jeunes femmes, l’aspect social est traité. Ses incidences et son importance mettent une fois de plus en exergue les altérités de l’autre. Leurs différences ont eu raison de leurs ambitions. Là où Adèle se contente d’une vie simple, sa compagne voit grand et ne comprend pas, ne comprend plus, ses aspirations…

…Parce qu’il y aura toujours des musiques, des livres, des films et différents scénarios pour interroger ce qui nous comble au plus profond comme ce qui peut nous affaiblir : l’amour.

 

Défi l’Express

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Les Défis rendent la vie intéressante et les surmonter lui donne un sens. Avec une équipe de mon école je me suis lancée dans une belle aventure journalistique cette année. Nous allons travailler pour le prestigieux magazine l’Express et réaliser un supplément centré sur la ville de Nantes en mars prochain. D’ici cette date, nous avons un site web à nourrir régulièrement avec des événements de la ville.  J’ai eu la chance de participer au défi de l’an dernier. Cette année, au rôle de rédactrice s’est aussi ajouté celui de coordinatrice.

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La semaine dernière nous sommes allés à Paris pour une formation et rencontrer l’homme à l’écharpe rouge. Ce fût une belle journée. Je suis heureuse d’être avec des personnes que je découvre de jours en jours. Elles sont toutes différentes, c’est ce qui fait la beauté de ce Défi. Travailler dans une équipe est toujours source d’angoisses, surtout en tant que coordinateur. Mais le fait d’être entourée de personnes motivées est entraînant.  C’est LE projet de l’année. Je veux m’y investir le plus possible. Ne pas décevoir mon équipe et être fière du supplément que nous sortirons.

 « La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter »

Cette citation de mère Teresa est parlante.  Un défi c’est de l’adrénaline, penser aux concurrents et vouloir faire le mieux possible. Apprendre auprès de son équipe. Se former à une expérience enrichissante et satisfaire journalistes et coordinateurs de l’Express. Je redonnerai régulièrement des nouvelles de notre travail, en attendant je vous invite à consulter notre page Facebook et notre Twitter.

Je vous laisse sur une photo d’une partie du groupe cette après-midi. Nous étions en pause café en attendant de nous faire tirer le portrait.

1404736_10202222308267133_264037330_oDe gauche à droite: Audrey ENET, Alice GOUBIN, Simon SALLANDRE, Sophie CHATEL, Maire-Cécile DELAHAIS/Crédit photo: Pauline DESPRES

Demain, dès l’aube

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor HUGO

Je reprends doucement le contact avec ce poème, qui est dans la liste de mes préférés. Les derniers mois sont passés à toute vitesse.

Aujourd’hui j’ai 24 ans. Quand je me retourne je pense à mes 17 ans, ce devait être une belle année. Pourtant, je me sens mûre et les prochaines années ne peuvent être que meilleures comparées à celles de mon adolescence. Hier, j’ai passé une belle soirée entre amis et ce soir je suis installée à l’endroit que je préfère: mon bureau. Cette année je participe au Défi L’Express des grandes écoles. Un Défi journalistique très formateur. J’ai envie de m’y investir le plus possible, ainsi que les cours et la radio. Mais ce concours reste ma priorité.

Je suis de plus en plus épanouie dans un environnement de travail. Gérer le temps, jongler entre les projets et les gens à rencontrer, chercher un stage et un Master 2. Pour le moment tout se passe bien, mais ça fait peu de temps que je suis dans ce rythme. Je vais m’astreindre à une discipline plus rigoureuse avec ce blog. D’autant plus que j’aime vraiment écrire et faire partager mes découvertes. Je ne prends tout simplement pas assez le temps de le faire.

Alors à très vite

Ambroise TEZENAS

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Ambroise TEZENAS, une belle découverte cette année.

C’est à Paris que ce photographe voit le jour en 1972. Il est diplômé de l’école d’Arts Appliqués de Vevey,  en Suisse. C’est régulièrement qu’il collabore avec la presse française et internationale (comme le New-York Times Magazine). En 2004, il co-fonde l’association de photographes indépendants Think Pictures et en 2006 son livre «Pékin, théatre du peuple », reçoit le Leica European Publishers Award Photography, pour le prix du meilleur livre de photographie, décerné par sept éditeurs européens de photographie.

Outres les études et les diverses récompenses, une chose fait la différence : le goût de la place. Le perfectionnisme. Je vous laisse son site internet, il est très complet. J’aime tout de ses photos. Celle du haut me fait penser à Patrick TOURNEBOEUF, autre très bon photographe.

J’aimerais prendre quelques minutes pour écrire mais mon temps est très compté ces dernières semaines. Stage qui se termine, expédition à Paris pour le Salon Art Paris Art Fair, rentrée qui approche, nouvelle arrivée au sein d’une matinale à la radio et autres petits travaux de rédactions pour une start-up que je présenterai prochainement. En ce moment, je suis partagée entre la hâte de reprendre les cours avec un semestre 2 qui s’annonce très intéressant et un pincement de quitter mon stage et cette somptueuse galerie. Comme dans tout parcours ce fût un passage et il y en aura d’autres mais ne pas prendre racine c’est un peu parfois difficile, frustrant. Cette expérience m’a fait rendre compte de beaucoup de choses, des axes de compétences que je dois travailler.

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