Quand l’ambition de plaire est remplacée par l’ambition de partager

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C’est la grande sincérité de Françoise Sagan qui touche ses lecteurs, ses passionnés et ses détracteurs. Dans un monde de contrôle et de calcul, je constate que les personnalités volubiles et spontanées plaisent toujours. Elle est entière Françoise. Elle est libre Sagan. L’écrivain est surtout brillante et a su mettre en mots nos incertitudes et nos exaltations. Françoise Sagan disait ne pouvoir aimer qu’avec folie, mais existe-t-il une autre manière d’aimer ? L’amour n’est pas qu’une question de sexe et de partenaire. L’amour, c’est tout ce qui peut nous combler. Françoise Sagan avait comme seul repaire ses romans et ses personnages qui lui ont permis de quitter ce charmant « petit monstre ». Elle pouvait alors tromper sa solitude. Et oublier, comme elle l’exprimait souvent, que l’essentiel est absent.

J’ai relevé une citation de Sagan que je trouve particulièrement intéressante tant elle expose les rencontres qui nous forgent et nos ambitions qui changent au fil du temps. « Quand l’ambition de plaire est remplacée par l’ambition de partager ». Je pense que si chacun en arrive là, un bousculement porteur aurait lieu.

« J’ai toujours pensé qu’il y avait des familles sur la terre et que, en plus de ceux qui partagent votre sang et votre enfance, il y a aussi les familles du hasard, ceux que l’on reconnaît confusément comme étant son parent, son pair, son ami, son amant, comme ayant été injustement séparé de vous pendant des siècles que vous avez peut-être partagés sans vous connaître. Ça n’est pas ce qu’on appelle la famille de l’esprit ni celle des corps, c’est une parenté faite de silences, de regards. De gestes, de rires et de colères retenues, ceux qui se choquent ou s’amusent des mêmes choses que vous. Contrairement à ce qui se dit, ce n’est pas pendant la jeunesse qu’on les rencontre le plus souvent mais plus tard, quand l’ambition de plaire est remplacée par l’ambition de partager »

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La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort

« Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance de la Bonne Nouvelle, j’affirme avec audace ma foi dans l’avenir de l’humanité.

Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure. Je refuse de croire que l’être humain ne soit qu’un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d’influencer en quoi que ce soit le cours des événements. Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent que l’homme est à ce point captif de la nuit sans étoile du racisme et de la guerre, que l’aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité. Je refuse de faire mienne la prédiction cynique que les peuples descendront l’un après l’autre dans le tourbillon du militarisme vers l’enfer de la destruction.

Je crois que la vérité et l’amour sans conditions auront le dernier mot effectivement. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.
J’ose croire qu’un jour tous les habitants de la terre pourront recevoir trois repas par jour pour la vie de leur corps, l’éducation et la culture pour la santé de leur esprit, l’égalité et la liberté pour la vie de leur cœur. Je crois également qu’un jour, toute l’humanité reconnaîtra en Dieu la source de son amour. Je crois que la bonté salvatrice et pacifique deviendra un jour la loi. Le loup et l’agneau pourront se reposer ensemble, chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et personne n’aura plus raison d’avoir peur.

Je crois fermement que nous l’emporterons. Amen. »

Martin Luther King, pasteur baptiste noir américain, assassiné en 1968.

Rien ne vaut la peine d’être vécu qui n’est pas d’abord une oeuvre d’imagination

Lors de mes nombreuses pérégrinations sur le web je fais de belles découvertes. Celles de personnalités, comme aujourd’hui Vladimir Pozner dans 28 minutes (Arte), et celles d’émissions, comme cette semaine « Le Divan de Marc-Olivier Fogiel » avec pour invité Alexandre Jollien. J’ai toujours été admirative de son parcours. De sa détermination. D’un sourire dont on se demande si ce n’est pas un rictus lié au handicape ou à la joie d’être là.
Il y a aussi, lors de mes curiosités, la satisfaction de lire des auteurs qui me parlent. Des citations et des passages qui m’apaisent. Comme celui-ci. Il s’agit du passage d’un livre.

Rien ne vaut la peine d’être vécu qui n’est pas d’abord une oeuvre d’imagination, ou alors la mer ne serait plus que de l’eau salée… Tiens, moi, par exemple, depuis cinquante ans, je n’ai jamais cessé d’inventer ma femme. Je ne l’ai même pas laissée vieillir. Elle doit être bourrée de défauts que j’ai transformés en qualités. Et moi, je suis à ses yeux un homme extraordinaire. Elle n’a jamais cessé de m’inventer, elle aussi. En cinquante ans de vie commune, on apprend vraiment à ne pas se voir, à s’inventer et à se réinventer à chaque jour qui passe. Bien sûr, il faut toujours prendre les choses telles qu’elles sont. Mais c’est pour mieux leur tordre le cou. La civilisation n’est d’ailleurs qu’une façon continue de tordre le cou aux choses telles qu’elles sont

« Les cerfs-volants » de Romain Gary

Cela m’inspire également une citation que j’aime beaucoup :

[…] et n’oublie pas ceci : c’est que souvent l’amour meurt parce qu’on ne fait pas, pour le conserver, tout ce qu’on avait fait pour l’inspirer.
Alfred de Musset

Le grand retour

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » René Char

ImageCrédit image : Gregory Pouy

Commencement. Je suis heureuse de reprendre l’écriture, je n’ai pas écrit des pages et des pages, mais les articles que j’ai posés ici, je les ai aimés. Ces derniers mois, moins de lectures et écritures, mais comme toute passade doit passer, c’est reparti. Je suis actuellement en stage au sein d’une rédaction économique spécialisée : Le Journal des entreprises. Je m’y sens bien et les jours passent vite. L’équipe est patiente et bienveillante. J’apprends tous les jours et c’est la définition parfaite d’un stage porteur. J’en suis très satisfaite et une fois de plus j’y ai rencontré des gens intéressants et intéressés. Dans le journalisme, ce serait difficile de ne pas l’être, mais sait-on jamais !

Expérience Erasmus
J’ai appris que je vais passer mon semestre 1 de Master 2 en Inde, au Kerala. Il s’agit d’une université de management, nichée en haut d’une colline. En avant les démarches pour y aller et si tout se passe bien, en route vers de nouvelles aventures. J’attends avec grande impatience le choc des cultures. Avant cela, je vais commencer la rédaction de mon rapport de stage et passer quelques week-end entre Saint-Malo et La Baule. Un besoin de voir la mer et d’entendre son ressac.

Radio Pun’
J’ai oublié une chose, SI importante : le bonheur d’avoir réalisé une émission (Médiatisez-moi) au sein de Radio Prun’, radio associative nantaise. J’ai beaucoup appris de cette expérience qui m’a fait, encore et toujours, rencontrer des passionnés, des chroniqueurs devenus de bons copains, apprendre du management d’équipe et découvrir l’univers technique et organisationnel d’une structure comme cette radio qui vient de fêter ses 15 ans. Une radio riche, un exutoire agréable. Si beaucoup d’émissions ont été annulées pour cause d’emplois du temps chargés des uns et des autres, celles qui ont été montées m’ont ravie. Beaucoup de satisfaction, mais aussi un sentiment de frustration car les moments en studio passent toujours trop vite !

Après une bonne journée au soleil, à flâner au bord de mer, j’apprends doucement à prendre le temps de me poser. Et ça-fait-du-bien ! Alors, à très vite !

Rêver pour l’hivers

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras: « Cherche! » en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…

Arthur Rimbaud